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Mise au point d'un vaccin de prévention du VIH

Par « vaccin », on entend généralement un vaccin de prévention. Un vaccin de prévention est conçu à l'intention des personnes qui ne sont pas infectées par la maladie ciblée, comme le VIH. Le vaccin peut empêcher qu'une personne ne soit infectée lorsqu'elle entre en contact avec le virus du VIH et, si l'infection s'installe, il peut ralentir la progression de la maladie jusqu'au sida. Un vaccin thérapeutique serait conçu pour réduire les effets du VIH/sida chez les personnes déjà porteuses du virus.

Les vaccins préventifs enseignent au système immunitaire, avant que le corps ne soit exposé à un virus, la façon de se défendre contre ce virus en créant une réaction immunitaire. Lorsque la personne vaccinée est exposée au virus, son système immunitaire réagit rapidement pour le neutraliser et l'éliminer.

Plusieurs facteurs compliquent la mise au point d'un vaccin efficace contre le VIH. D'abord, le VIH attaque justement le système immunitaire qui devrait lutter contre l'infection pour laquelle la personne est vaccinée. De plus, il subit des mutations; donc, le système immunitaire a beaucoup de difficulté à cibler le virus. Enfin, le VIH insère des copies de son matériel génétique dans les cellules du système immunitaire et dans d'autres parties du corps; il réussit donc à se cacher pendant des années. Le corps finit par perdre ses mécanismes de protection, ce qui déclenche la maladie du sida.

Les chercheurs du monde entier reconnaissent qu'il y a des obstacles scientifiques importants à la mise au point et à l'administration de vaccins contre le VIH. Ces obstacles peuvent seulement être franchis grâce à un engagement ciblé et coordonné à l'échelle mondiale et à un plan d'action soutenu à long terme.

En juin 2004, l'Entreprise mondiale pour un vaccin contre le VIH Lien externe (disponible en anglais seulement)- a vu le jour avec le soutien de la Fondation Bill et Melinda Gates et des National Institutes of Health des États-Unis. L'Entreprise mondiale est une alliance d'organisations indépendantes, de gouvernements et d'intervenants du monde entier qui veulent accélérer la mise au point de vaccins contre le VIH par l'adoption d'un Plan stratégique scientifique commun (PSS), augmenter le financement des sources actuelles et mobiliser de nouvelles sources, et rehausser la collaboration en faisant la promotion de moyens plus efficaces et plus rapides pour les chercheurs de partager leurs réussites et leurs échecs pour éviter le chevauchement des efforts. Le PSS prévoit la mise en œuvre d'un plan stratégique de recherche sur un vaccin contre le VIH qui couvre la découverte du vaccin, son développement et sa production ainsi que les essais cliniques.

Au Sommet du G8 en 2006, à Saint-Pétersbourg, en Russie, les chefs des pays développés ont confirmé leur engagement envers l'initiative du Sommet de Sea Island qui a donné le feu vert à la création de l'Entreprise mondiale. Ils ont reconnu qu'il fallait « améliorer les capacités scientifiques et techniques dans ce domaine aux échelles mondiale, régionale et nationale ». Ils se sont aussi montrés en faveur de la coordination des activités et de la coopération entre l'Entreprise mondiale et les autres initiatives mondiales et partenariats Nord-Sud actifs dans le domaine. Au Sommet du G8 de 2007 à Heilingendamm, en Allemagne, les chefs ont réaffirmé leur engagement envers l'intensification mondiale des efforts de mise au point d'un vaccin contre le VIH.

En février 2007, le Premier ministre et Bill Gates ont annoncé qu'un protocole d'entente avait été conclu entre le gouvernement du Canada et la Fondation Bill et Melinda Gates.

En juillet 2010, dans le cadre de la XVIIIe Conférence internationale sur le sida, qui s'est déroulée à Vienne, en Autriche, le gouvernement du Canada, en collaboration avec la Fondation Bill et Melinda Gates, a annoncé la mise en œuvre de l'Initiative canadienne de vaccin contre le VIH renouvelée.

Nota : Certains des renseignements sont fournis par l'International AIDS Vaccine Initiative (IAVI)Lien externe.

Vaccin contre le VIH

La découverte et l'utilisation répandue des vaccins constituent l'une des plus importantes interventions de la santé publique du dernier siècle. Plus de 30 maladies infectieuses courantes peuvent être évitées à l'aide de vaccins; en outre, l'une des plus meurtrières, la variole, a été enrayée chez les humains en 1979. L'éradication de la variole a coûté 300 millions de dollars US, alors que les bénéfices de l'initiative ont été évalués à 27 milliards de dollars US sur 20 ans. Les vaccins comptent parmi les interventions de la santé publique les plus rentables qui soient.

Le sida est une maladie qui a déjà emporté plus de 30 millions de personne dans le monde. Comme il n'existe pas de traitement contre le sida, la mise au point d'un vaccin de prévention du VIH, le virus qui mène au sida, constitue la meilleure solution pour ralentir l'épidémie.

Même s'il est tout à fait possible de se protéger contre l'infection au VIH, des millions de personnes sont infectées chaque année. Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) (Document PDF)Lien externe estiment qu'environ 34 millions de personnes étaient porteuses du VIH en 2010. Ces mêmes organisations estiment que 2,7 millions de personnes ont été infectées en 2010.

Le fardeau du VIH/sida (Document PDF)Lien externe touche surtout les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire (PFR-PRI), comme en Afrique subsaharienne, dans les Antilles, en Extrême-Orient, en Europe de l'Est et en Asie centrale. L'Afrique subsaharienne demeure la région la plus touchée, représentant 71 % de toutes les nouvelles infections au VIH en 2008. Plus de 90 % des personnes porteuses du VIH/sida sont dans des pays en développement. Les femmes et les enfants sont particulièrement vulnérables. On estime à 430 000 le nombre de nouvelles infections chez les enfants de moins de quinze ans en 2008. On croit que la plupart de ces nouvelles infections sont attribuables à la transmission in utero, durant la grossesse ou post-partum par l'allaitement naturel. Le nombre d'enfants nouvellement infectés par le VIH en 2008 était environ 18 % moins élevé qu'en 2001, en partie en raison du succès des programmes visant à prévenir la transmission du VIH de la mère à l'enfant.

En outre, selon les estimations, les femmes infectées en 2008 étaient au nombre de 15,7 millions et représentaient près de la moitié des nouvelles infections, et plus de 60 % des nouveaux cas d'infection en Afrique. À l'échelle mondiale, le sida est la principale cause de décès chez les femmes en âge d'avoir des enfants.

Au Canada, le nombre de personnes porteuses du VIH (y compris le sida) continue de croître, passant de 57 000 en 2005 à 65 000 en 2008 (une hausse de 14 %). Cette hausse du nombre de personnes vivant avec le VIH est attribuable à deux facteurs : de nouveaux traitements ont amélioré la survie des personnes infectées par le VIH et il continue d'y avoir de nouveaux cas d'infection. En ce qui a trait aux catégories d'exposition, ce sont les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HRSH) qui continuent de représenter la plus forte proportion de nouveaux cas d'infection (44 %), ce chiffre n'étant que très légèrement inférieur à la proportion estimative de 45 % enregistrée en 2005. En 2008, la proportion de nouveaux cas d'infection parmi les personnes qui utilisent des drogues par injection (UDI) était légèrement plus élevée qu'en 2005 (17 % comparativement à 16 %). Les proportions de nouveaux cas d'infection demeurent les mêmes qu'en 2005 pour les catégories d'exposition « Hétérosexuels/pays non endémiques » (20 %) et « Hétérosexuels/ pays endémiques » (16 %)

En définitive, il faut un vaccin sûr, abordable et accessible dans le monde entier pour prévenir le VIH et enrayer l'épidémie de sida afin de mettre fin à ses conséquences sociales et économiques dévastatrices, surtout dans les PFR-PRI. La mise au point d'un vaccin pour prévenir le VIH s'avère toutefois un défi de taille.